

Le
Critique Fou
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Black Phone, The
Le téléphone noir
7,5/10
Année de production: 2021
Pays: USA
Genre: Horreur
Durée: 103 min.
Production: Jason Blum, Joe Hill, Scott Derrickson, Ryan Turek
Histoire: Joe Hill
Scénario: Scott Derrickson, C. Robert Cargill
Cinématographie: Brett Jutkiewicz
Musique: Mark Korven
Réalisation: Scott Derrickson
Distribution
Mason Thames
Madeleine McGraw
Ethan Hawke
Jeremy Davies
E. Roger Mitchell
Troy Rudeseal



Résumé du film
Un kidnappeur d'enfants est confronté à sa nouvelle prise qui n'a pas le profil des autres séquestrés et qui reçoit de l'aide d'outre-tombe pour s'évader.


Le Jugement Dernier
1978 au Colorado. Que pouvait-il arriver de pire après les événements de l'année précédente, à l'hôtel Overlook, où le concierge de la place perdit la raison et rendit un dernier souffle glacial dans un labyrinthe de neige? Nous sommes 9 ans avant qu'Annie Wilkes ne kidnappe l'auteur Paul Sheldon pour les besoins d'un autre roman de Misery Chastain ; 17 ans avant que les Nordiques de Québec deviennent l'Avalanche et remportent leur première coupe Stanley ; 21 ans avant Columbine et 36 ans avant la légalisation du cannabis. 1978 au Colorado. Une camionnette noire circule dans les rues de Denver. Elle est conduite par un magicien qui fait disparaître des enfants en plein jour. Pas de foulards pour nous empêcher de découvrir le secret, mais des ballons noirs qui s'envolent vers le ciel comme moyen de diversion. Ici, la main qui agrippe est plus vite que l'œil! Pas de boite à double fond, mais un sous-sol aux murs insonorisés. Finney, 13 ans, est le dernier à avoir disparu. Tous les autres avant lui sont morts, brutalement assassinés par ce magicien masqué (les différents masques du kidnappeur sont des créations originales de Tom Savini). Enfermé dans le sous-sol dénudé d'un bungalow, Finney est la victime forcée d'un prédateur inconnu, comme il est aussi la cible privilégiée de certains voyous de son école et d'un père trop aromatisé à l'alcool. Comment réussir à vaincre ce magicien machiavélique lorsque tu n'as aucun tour dans ton sac et aucune poudre de perlimpinpin? L'adolescent pourra toutefois compter sur la fée clochette! Un téléphone noir, accroché à un mur, et qui fera tinter ses entrailles chaque fois que l'esprit vengeur d'une victime d'autrefois voudra apporter son aide contre son ancien ravisseur et bourreau. Ethan Hawke sort un lapin de son chapeau avec une performance statique qui exploite adroitement le mensonge, l'irritabilité et la colère. Les masques ajoutent à la frayeur, mais tout est dans la voix et dans les yeux de l'acteur. Le talent est aussi présent chez le jeune Finney et sa sœur Gwen (Mason Thames et Madeleine McGraw) qui vont tenter, avec l'aide de la police, de conjurer l'existence de l'Attrapeur (nom donné au kidnappeur par la population locale). La direction photo de Brett Jutkiewicz nous replonge dans les années prérécession de 1980 avec des tons de gris qui ne sont pas sans rappeler la République populaire de Pologne, avec ses paysages grisâtres et nuageux et les habitants sans le sou qui ne mangeaient que des pommes de terre. La réalisation de Scott Derrickson (Sinister, 2012) exploite au maximum la nouvelle littéraire de Joe Hill, extraite de son recueil : Fantômes : histoires troubles, publiée en français chez Lattès en 2010. Le film aurait bénéficié d'une durée inférieure aux 103 minutes chrono par un jeûne des éléments répétitifs (appels des fantômes, bagarres à l'école) et par la guillotine pour l'humour insipide (le frère cocaïnomane qui finira par avoir un bad trip de «hash» à la tête). Mon intérêt pour la suite des choses m'assoiffait la bouche, mais un «refill» de Coke diète pouvait attendre, tellement j'étais scotché à mon siège. Le suspense ne méritait pas d'entracte. Le spectacle se terminera par un numéro d'évasion et par un jeu de lumière (rouge et bleu) à l'extérieur des deux théâtres qui auront servi aux manipulations sordides du magicien aux ballons noirs. La scène est maintenant déserte, dépourvue de victimes et de ressources dangereuses (il ne reste que le béton qui soit armé). Le magicien déchu est disparu par une trappe dans le plancher. Il n'y aura pas de rappel. Le téléphone ne pleure pas. Au revoir monsieur!





