

Le
Critique Fou
Basé sur des faits réels!
Un site d’enfer pour des critiques abrasives sur le monde de l’horreur et du fantastique

Crimson Peak
Crimson Peak
9/10
Année de production: 2015
Pays: USA/Canada
Genre: Horreur
Durée: 119 min.
Production: Guillermo del Toro, Jillian Share
Scénario: Guillermo del Toro, Matthew Robbins
Cinématographie: Dan Laustsen
Musique: Fernando Velazquez
Réalisation: Guillermo del Toro
Distribution
Mia Wasikowska
Jessica Chastain
Tom Hiddleston
Jim Beaver
Charlie Hunnam
Doug Jones



Résumé
C’est le coup de foudre entre Edith Cushing, aspirante écrivaine et fille d’un richissime homme d’affaires, et Thomas Sharpe, un séduisant baronet dans la dèche et l’argile rouge. Plus spacieux qu’un 3 ½ sur le Plateau Mont-Royal, Allerdale Hall (le manoir de la famille Sharpe) hurle toutefois sa désolation de voir sa charpente en décrépitude, et le manque de ressources financières de ses proprios le force au froid et à l’humidité. Heureusement que des fantômes sont au rendez-vous pour réchauffer l’atmosphère!


Le Jugement Dernier
Voilà un film splendide qui risque de déplaire à tous les ingurgiteux de fast food d’horreur juvénile ou pousseurs précoces du bouton Stop d’un lecteur DVD. Il ne faut pas être pressé pour apprécier l’œuvre de 119 minutes qui se découvre à nous tel un papillon de nuit qui sort de son cocon. (Je fais référence au film, je ne suis pas devenu poète!!!) Dès les premières minutes, j’ai été subjugué par la beauté des images, les éclairages et la palette de couleurs du directeur photo, Dan Laustsen (Silent Hill, 2006). Celui-ci s’est amusé avec ses lentilles et ses filtres comme Éric Salvail dans un sex-shop. On dirait que le film a été léché par la langue de Gene Simmons de KISS (ou par Éric Salvail)!
Les décors de Thomas E. Sanders sont magnifiques, particulièrement le manoir Sharpe qui fut construit (et détruit, hélas) pour les besoins du film. L’immense structure s’impose à nos yeux et nous engourdit. La toiture balafrée permet aux feuilles et à la neige de s’introduire dans la demeure et de valser jusqu’au rez-de-chaussée au rythme des saisons. Un visuel splendide!
Le scénario n’est pas exempt de point d’interrogation pour le spectateur, mais Matthew Robbins est passé maître en la matière (voir ma critique de N’aie pas peur du noir). Certains de ses personnages accompliront des gestes insensés, juste bons à servir le scénario. Et dire que lorsque c’est moi qui fais ce genre de truc à l'asile, j’ai droit à un survoltage d’électrochocs et des reprises de «Symphorien» pendant 3 jours!
La distribution est sans reproche. L’Australienne Mia Wasikowska (Edith) joue son personnage sur plusieurs niveaux. Elle peut être à la fois innocente et vengeresse; douce et brutale. J’adore! Tom Hiddleston (Thomas) joue la naïveté et la sincérité avec un charme enfantin. Je me serai fait avoir comme certaines de ses victimes. Mes coups de cœurs reviennent toutefois à Jessica Chastain dans le rôle de Lucille (la sœur de Thomas) et à Jim Beaver dans le rôle du paternel Cushing. La première est belle, sensuelle et méchante comme une mante religieuse alors que le second exulte la confiance, la force et un peu de prétention. Un réalisateur choyé devant et derrière la caméra, et tout cela pour notre pur plaisir.





