

Le
Critique Fou
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Don’t Breathe
Ne respire pas
6/10
Année de production: 2016
Pays: USA
Genre: Horreur
Durée: 88 min.
Production: Fede Alvarez, Joseph Drake, Mathew Hart
Scénario: Fede Alvarez, Rodo Sayagues
Cinématographie: Pedro Luque
Musique: Roque Banos
Réalisation: Fede Alvarez
Distribution
Stephen Lang
Jane Levy
Dylan Minette
Daniel Zovatto
Emma Bercovici
Katia Bokor


Résumé
Trois jeunes crapules de Détroit collectionnent les vols résidentiels pour augmenter leur glamour auprès de leurs gérants de banques. Un shylock du coin propose à notre trio, sans gras trans, le Joyeux Festin du siècle : dépouiller un aveugle de sa richesse. Des liasses de billets verts dissimulés dans la résidence d’un non-voyant au passé militaire et endeuillé par la mort de sa jeune fille. L’affaire est ketchup ? Ou nos trois cornichons risquent de faire tourner la mayo ?


Le Jugement Dernier
Le réalisateur Fede Alvarez essaie de nous aveugler avec son histoire de non-voyant pour faire disparaître les ratés de son histoire. Dès le ronronnement du projecteur, j’observe 3 voleurs médiocres piller une résidence de riches et s’enfuirent sereinement, comme si le danger d’être coincés par la police était absent de leur conscience. Mes convictions me poussent d’abord à les détester. Quelques pages de scénario plus tard, voilà nos 3 voleurs antipathiques prêts à étrangler la poule aux œufs d’or. Comment puis-je aimer des gens qui ont décidé de voler un vieillard aveugle ? Mes convictions me poussent maintenant à les haïr. Mon cœur s’ouvre au vétéran de la guerre qui doit se défendre contre ces enfants de chiennes. Lorsque le projecteur tourne à plein régime et que l’acte trois nous dévoile une femme ligotée au sous-sol de l’ex-soldat, mon cœur est trahi, mes émotions se révoltent et vont se suicider sur un mur de briques. Dois-je haïr le vieux fou encore plus que j’haïs déjà les 3 citrons du début ? Je me détache donc des personnages et le résultat final peut allez chier !
Ma constipation du moment m’aura permis de noter quelques bobos sur le reste de la pellicule, comme lorsque Rocky (Jane Levy) casse une fenêtre pour entrer dans la demeure du non-voyant, mais ce dernier n’entend rien. Elle arrache un senseur du système d’alarme, mais l’alarme s’en fou ! Et pourquoi avoir installer un système d’alarme relié à la police quand vous avez en tête d’enchainer une fille pour neuf mois dans la cave ? Merde, le gars a même un rottweiler en pleine possession de ses canines dans sa cour !! Un peu de Docteur Ballard dans la maison et on économise sur les frais de raccordement à une centrale de surveillance.
Les scénaristes utilisent la peur viscérale pour clouer le spectateur à son siège. Peur qui est nourrie par la fluctuation des effets sonores lors des séquences tournées à l’intérieur de la maison. On triche aussi lorsque le Mont Everest des sursauts est débiteur au fait que le vieux ne s'est pas endormi de force par le gaz lacrymogène laissé par Money (Daniel Zovatto) dans la chambre à coucher. Il est alors normal qu’on soit surpris de voir apparaître le p’tit vieux dans la scène suivante. Et le dénouement que j’attendais avec la patience d’un joueur d’échecs sur le Red Bull m’a plutôt déçu. La voleuse s’en tire avec l’argent et l’aveugle se tire avec les ambulanciers et la police sans que ceux-ci ne découvrent le corps de la fille, restée au sous-sol dans un sac de plastique !!
À la distribution, Stephen Lang nous en met plein la vue dans son rôle de non-voyant. Les autres comédiens sont jetables et non-recyclables. La cinématographie de Pedro Luque est magnifique. Les scènes dans le noir absolu sont étouffantes de réalisme. La musique convient au produit, mais ne nécessite pas de réécoute. Ce n’est pas le film qui va introniser Fede Alvarez au panthéon des réalisateurs à succès, mais un visionnement sans attente et sans cervelle peut être divertissant.





