

Le
Critique Fou
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Last Voyage of the Demeter, The
Dernier voyage du Demeter, Le
8/10
Année de production: 2023
Pays: USA
Genre: Horreur
Durée: 118 min.
Production: Chris Bender, Jeb Brody, Anne Rodman
Histoire: Bram Stoker
Scénario: Bragi F. Schut, Zak Olkewicz
Cinématographie: Tom Stern
Musique: Bear McCreary
Réalisation: André Øvredal
Distribution
Corey Hawkins
Aisling Franciosi
Liam Cunningham
David Dastmalchian
Woody Norman
Javier Botet



Résumé
En route vers Londres, l’équipage d’un navire marchand est attaqué par une créature sanguinaire qui s’est infiltrée à bord.


Le Jugement Dernier
Le Journal de bord du Demeter a toujours été mon chapitre préféré de Dracula, le chef-d’œuvre de Bram Stoker, et je suis heureux que ce segment terrifiant du roman ait enfin son moment sur grand écran.
Réalisé par André Øvredal, dont les crédits précédents incluent « Trollhunter », « L’autopsie de Jane Doe » et le sous-estimé « Scary Stories to Tell in the Dark », ce long-métrage de 118 minutes prend la mer avec une source infime d’originalité littéraire — le septième chapitre de Stoker ne fait que quelques pages — et une conclusion aussi connue que le clitoris de mon ex-blonde. L’imagination des scénaristes Bragi F. Schut et Zak Olkewicz prolonge le calvaire de l’équipage de plusieurs milles marins, mais va permettre au réalisateur de reculer le dénouement qui pointe à l’horizon. Øvredal va parvenir à nous faire ravaler notre mal de mer principalement en se concentrant sur le visuel de son œuvre. Il va réussir à créer une atmosphère lunatique et hantée tout au long du film, même pendant les scènes se déroulant en plein jour, ce qui est à la fois étrangement beau et tout simplement inquiétant. Visuellement, « Le dernier voyage du Demeter » est l’un des plus beaux films d’horreur que j’ai vus depuis longtemps.
Øvredal a prouvé ces dernières années qu’il était l’un des cinéastes d’horreur les plus pragmatiques de l’époque actuelle, peu intéressé par les histoires prétentieuses et lourdes et plus par les frayeurs viscérales et instantanées qui secouent le public. Il ne cherche pas à étoffer son horreur avec des éléments de remplissage qui ne sont pas au service de l’horreur et il fait du bon travail en rappelant aux gens que Dracula est, et devrait toujours être, effrayant. Les jeux du chat et de la souris entre Dracula et l’équipage sont mis en scène d’une manière qui suggère une variante maritime d’Alien, avec Øvredal tirant parti du sombre décor qui s’offre à lui pour un maximum de tension avant de culminer dans des séquences rapides et sanguinaires.
Au générique, c’est Javier Botet, qui se transforme en passager clandestin aux canines affilées. Le géant espagnol, qui est un artiste prééminent de l’industrie du croque-mitaine et du masque en latex, montre qu’il y a quelque chose d’incomparable dans sa capacité à déstabiliser et à effrayer le public avec sa stature et son style de mouvement inimitable. Sa présence dans ce film fait de Dracula une force de la nature intimidante et incontournable, qui effraie à presque chaque étape de son évolution terrifiante.
En tant que médecin d’Oxford devenu chasseur de vampires réticent, Clemens (Corey Hawkins) ancre le film avec charisme et intelligence. Nous comprenons son besoin de s’accrocher à son esprit scientifique alors que la terreur envahit le navire. Aisling Franciosi s’attaque à l’énigmatique passagère clandestine du nom d’Anna avec autant de mystère que de vulnérabilité — ses premières scènes, avant qu’un mot ne soit prononcé, nous saisissent d’angoisse. En tant que capitaine du Demeter, Liam Cunningham projette une autorité inébranlable tempérée par la compassion pour son équipage.
Les personnages secondaires se démarquent également malgré un temps d’écran limité. David Dastmalchian apporte une intensité tranquille au second lieutenant Wojchek, créant de rares moments d’humour pince-sans-rire. Woody Norman est immédiatement attachant dans le rôle du jeune Toby, audacieux une minute et terrifié la suivante.
L’une des raisons pour lesquelles ce film est décevant est que l’équipage ne donne jamais l’impression de se battre suffisamment pour se protéger une fois qu’il sait qu’un être maléfique rôde sur le navire et sort la nuit pour les dévorer. Ce ne sont pas les plus proactifs. Le désespoir des marins finit par devenir répétitif et le rythme plus lent. Est-ce en raison d’un manque de charbon à bord ou d’un scénario tout de même limité ? Le résultat laisse certains passages dériver presque aussi lentement que le fantomatique Demeter lui-même. Un peu plus d’action, un rythme plus rapide ou des personnages secondaires approfondis auraient pu transformer l’anticipation en suspense à vous ronger les ongles.
Le dernier voyage du Demeter ne redéfinit peut-être pas l’histoire de Dracula, mais c’est un bain de sang mémorablement macabre et étonnamment poignant.





