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Witch, The

La sorcière
9/10

Année de production: 2015
Pays: USA/Canada/GB
Genre: Horreur
Durée: 92 min.
Production: Chris Columbus, Thomas Benski
Scénario: Robert Eggers
Cinématographie: Jarin Blaschke
Musique: Mark Korven
Réalisation: Robert Eggers

Distribution

Anya Taylor-Joy
Ralph Ineson
Kate Dickie
Harvey Scrimshaw

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Résumé

Dans la Nouvelle-Angleterre de 1630, une famille quitte leur communauté et leur plantation pour s’établir sur une ferme à l’orée d’un bois. L’expérience sera dévastatrice pour les nouveaux arrivants alors qu’une sorcière locale conjurera des sorts pour maudire les lieux et s’emparer des enfants du couple.

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Le Jugement Dernier

Dès la parution de la bande-annonce de ce film, je savais que j’avais rendez-vous avec l’œuvre de Robert Eggers. Une réalisation puissante et sans fautes. Tourné entièrement au village fantôme de Kiosk, dans le Nord-Est de l’Ontario, cette histoire folklorique (écrite par Eggers) m’a donné froid dans le dos. 92 minutes d’inconfort, semblable à ce que je ressens lorsque la vieille de 85 ans, qui occupe la cellule capitonnée juste à côté de la mienne, me fait des avances sexuelles.
J’ai eu pitié pour cette famille ultrareligieuse qui accuse le diable d’être responsable de chaque épreuve de la vie. En 2017, au Québec, on fait la même chose mais on accuse le gouvernement libéral. À la distribution, Ralph Ineson (William) exécute un patriarche qui sombre trop facilement dans la mollesse après la déconfiture de ses récoltes et la disparition de son bébé. Le type a la colonne vertébrale de Stephen Hawking ! Kate Dickie (Katherine) est celle qui porte les pantalons dans la famille, mais la perte de ses enfants va la propulser vers la camisole de force. Elle devient très vite agaçante et son sort ne fera pleurer aucune Madeleine. Anya Taylor-Joy est, comme son nom l’indique, une joie à regarder. Son personnage de Thomasin est joué avec beaucoup de réalisme. C’est le début d’une belle carrière pour cette jeune beauté floridienne.
Ne cherchez pas les effets spéciaux spectaculaires. Avec un budget inférieur à 4 millions $$$, Eggers nous offre des effets visuels produits à l’huile de coude. Un bouc noir sur deux pattes et des jumeaux irritants ajoutent à l’horreur bon marché mais combien efficace.
La cinématographie de Jarin Blaschke est sublime. Ce spécialiste du court-métrage va entièrement colorer sa pellicule d’un gris qui donne l’impression de visionner un film en noir & blanc de l’époque. Je me suis retrouvé au 17e siècle dans ce paysage morne où rien ne pousse, où rien ne survit. La musique de Mark Korven ne fait pas tout le voyage en Nouvelle-Angleterre. Plusieurs séquences sont dénudées de notes musicales. Toutefois, l’artiste se fait justice de ces temps morts par une plainte à cordes (violons et contrebasse) aux moments opportuns et assure le spectateur d’un malaise auditif qui le prend aux tripes. Je me suis fait envoûter par ce film. Le chef-d’œuvre est venu cogner à la porte.

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Critique réalisée par: le Critique Fou
25 mars 2017
Image de Daniel Cañibano
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